Communicant et enseignant

Hartmut Rosa et l’impératif de recréer des marges de manœuvre permettant le passage à l’action. Et les conseils des Echos pour mieux incarner ses vidéos. Hop.

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https://lnkd.in/e8NQKC8W Bel entretien d’Hartmut Rosa, dans Le Grand Continent, autour de son dernier ouvrage non-traduit, Situation et Constellation, dont voici un résumé rapide :

Notre modèle occidental, notamment dans sa composante techno-numérique, disjoint de plus en plus l’action autonome (qui prend en compte la « situation ») et l’exécution (« constellation » d’items séparés les uns des autres). De Google Maps à l’IA, la délégation à des outils « rationnels » donne dans un premier temps un certain confort à l’individu, mais très vite l’asservit et aboutit à seulement obéir à un processus « rationnel » mais sans prise.

L’individu délègue à la fois la décision rationnelle, mais également son vécu émotionnel, vu que l’exécution est « mécanique ». De là une piste d’explication de la mauvaise santé mentale généralisée : le « quantified self » des Strava et réseaux sociaux non seulement délègue à une machine la quantification « rationnelle » des relations humaines, mais les réduit également « émotionnellement » à des métadonnées (likes, followers, etc.).

Au niveau collectif, lorsque la règle toute puissante n’est que subie et pas intériorisée, elle s’affaiblit et la société dans son ensemble avec elle. Le jeu devient de jouer avec les règles, et la confiance en autrui s’amenuise, parce qu’on part du principe que tout le monde va tricher (du chômeur à l’homme politique).

Les partis extrémistes sont doublement nourris, eux aussi, par cette société des exécutants : ils promettent de mettre à bas un système inhumain, et permettent d’exprimer une colère, des sentiments non-permis, et inaudibles.

Quel salut pour le système ? Il ne peut y en avoir que dans sa capacité à permettre des marges de manœuvre, de passage à l’action, de jugement individuel, à refaire dialoguer la règle avec l’appréciation émotionnelle, à tous les niveaux. A imposer l’absence d’alternative, la société ne fait que précipiter la création d’alternatives en-dehors d’elle.

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https://lnkd.in/e2Md5XyR Petit bilan d’étape intéressant, mais aussi appel à débat, pour Pierre Schneidermann, sur la stratégie YouTube des Echos, et sur les conseils pour rendre les vidéos plus vivantes et les animateurs plus dynamiques. Oralité, appropriation du script, terrain… A lire, et discuter !

Bon week-end !

Publié sur LinkedIn le 13 mars 2026