Communicant et enseignant

Keeper, c’est l’histoire de l’amitié d’un phare avec un « oiseau mystique ». Ensemble, ils parcourront un monde dévasté mais en voie de guérison. Découvriront des endroits somptueux. Rencontreront et fédéreront des peuples contre la pollution et la corruption rampantes. Ils souffriront, parfois, s’émerveilleront, souvent, et vieilliront ensemble.

Jouer à Keeper, c’est un voyage dans le temps. Un retour à ces jeux de la fin des années 90 : Rayman, l’Amerzone, Spyro… Un peu poétiques, un peu loufoques, qui testaient tout en même temps : les capacités techniques des débuts de la 3D, les mécaniques de jeu, les possibilités de scénarios interactifs. Une explosion de créativité grâce aux capacités très limitées des ordinateurs de l’époque et autres Playstation 1, mais déjà tellement plus importantes que quelques années plus tôt. Des expérimentations parfois plus ou moins maîtrisées, maîtrisables par le joueur – « user friendly » pourrait-on dire.

Keeper nous y replonge en 2025, avec les moyens de notre temps. Le résultat : des décors foisonnants, un niveau de détails qui aurait fait fantasmer un Benoît Sokal ou Michel Ancel de l’époque. La forêt enchantée, la civilisation perdue, la montagne mystique, les marais hostiles… Oui, on coche les poncifs du jeu « à niveaux » (le niveau de l’eau, de l’air, des égouts…), mais ça fonctionne.

En revanche, la nostalgie aurait pu s’affranchir de reproduire l’expérience de jeu nineties. Il s’agit de contrôler *un phare qui marche* : on comprend que le ressenti ne soit pas très agile, mais quand même. Il est impossible de contrôler la caméra, et le jeu propose des phases de plateformes ? On est proche des pires angoisses du joueur PS1. Par ailleurs, la générosité du jeu l’amène, selon moi, à se perdre un peu – encore un travers très 90s : votre phare devient une roue ? puis un bateau ??

Mais c’est peut-être le prix à payer pour faire cette expérience d’une poésie interactive, d’une poésie du partage un peu carnavalesque, propre au jeu vidéo.

Publié sur Instagram le 13 février 2026