Les Parrhésiens sont les survivants d’un Paris enfoui sous la métropole globale et ses habitants gentrifieurs.
Les Parrhésiens sont le souvenir que Paris a été un lieu ancré, habité par un peuple vivant, turbulent et clamant, contre qui une guerre a été déclarée depuis Haussmann, et en passe d’être gagnée 150 ans plus tard.
Les Parrhésiens est un jeu de mot de Rabelais, jonglant entre argot et grec ancien. La parrêsia est le franc parler, la liberté de parole, dont les Parisiens révolutionnaires ont fait un étendard de fausse étymologie.
Philippe Bordas, journaliste sportif devenu écrivain, prolo de banlieue ayant voulu vivre le rêve parisien découvre un soir, dans les interstices de la ville gentrifiée, un vieux gymnase du XIVe, repère d’anciens Parisiens, pauvres types septuagénaires au minimum, qui viennent gonfler leurs muscles et faire retentir l’accent d’antan. Vieux blousons noirs, manutentionnaires, cascadeurs, mécanos. Mais pas seulement. Une fois partis, viennent les jeunes des banlieues ; autre vocabulaires, argots, influences culturelles.
Ils ne se fréquentent pas, mais ont en commun leur expulsion d’une ville qui ne les veut ni eux, ni leur parler – trop turbulent, pas assez lisse et respectable.
Né en banlieue, élevé dans le désir du Vieux Paris, étudiant en lettres, devenu gentrifieur par métier, Fifi se retrouve au croisement de ces nuances de Français (les personnes) et de français (la langue).
Les Parrhésiens en est le résultat. Une période de vie de quelques mois au début des années 2020. Mais surtout une écriture ciselée, volontairement précieuse par moment, dans une forme de poésie du quotidien, qui joue avec les mots et les registres. De Rabelais à aujourd’hui, des cités à Montparnasse. Parfois vieux jeu, parfois populo ; toujours contre la langue lisse et fade mainstream.
Publié sur Instagram le 12 janvier 2026


