Il est marrant, Philibert Humm. Son projet littéraire consiste à écrire des pastiches absurdes de romans XIXe siècle, peuplés de bonshommes infatués. Lui-même y trône en héros bourgeois grandiloquent, sorte de rencontre entre le maire de Champignac et Bouvard et Pécuchet.
Mi-personnage, mi-écrivain, il se met en scène en auteur qui se prend très au sérieux à l’écriture de banalités. Les titres de ses romans en témoignent : Roman-fleuve, Roman de Gare, et donc, Roman policier.
Roman policier a pour prétexte un vrai mystère : celui du voleur de U de Pau. Pendant plusieurs mois, des petits commerces ont vu leur enseignes perdre leur U, « GSM Clinique » devenant donc pendant la nuit « GSM Cliniq e. » Ni une ni deux, Philibert, accompagné de son ami Vincent Dedienne se rendent sur place pour enquêter.
S’ensuivent des péripéties à base de déjeuners au bistro et apéro au bar, quelques rencontres inattendues, des fausses pistes, jusqu’à la révélation finale.
C’est une écriture inoffensive, légère, qui amuse l’Ouest parisien, volontairement ancrée dans un état d’esprit qui aurait déjà passé pour petit-bourgeois vieillot dans la France IIIe République… mais la limite est fine entre esprit et cabotinage.
Ce que j’avais trouvé presque poétique dans Roman fleuve, cette histoire de marins d’eau douce décidant de descendre la Seine en kayak et se prenant pour des capitaines, devient ici un peu lourdingue. Partant d’une idée loufoque et intéressante : partir à la chasse aux U volés, Philibert en fait des caisses pour jouer le détective autoritaire imbu de lui-même, jusqu’à l’automatisme.
Faudra-t-il un Roman à l’eau de rose pour rallumer la flamme ?
Publié sur Instagram le 4 janvier 2026


